L'été à moto, c'est superbe, mais quand le thermomètre s'emballe, ça devient vite éprouvant, et surtout plus risqué qu'on ne l'imagine. Le piège, c'est que tu ne sens pas que tu cuis. Le vent te donne une fausse impression de fraîcheur, et tu termines la journée vidé, la nuque rouge, sans avoir rien vu venir. Voilà ce que j'ai appris à faire pour continuer à rouler quand il fait très chaud sans gâcher la sortie ni jouer avec ma sécurité.
Le piège du vent
À moto, ta sueur s'évapore aussitôt dans le flux d'air. Tu transpires énormément, mais tu ne te sens jamais trempé, alors tu ne réalises pas à quel point tu te vides. La déshydratation s'installe en douce, et avec elle le mal de tête, le coup de pompe et la concentration qui décroche, soit tout ce qu'on ne veut surtout pas sur la route. Le soleil joue le même tour : le vent masque la brûlure, et tu rentres cramé sans t'en être rendu compte.
Bois avant d'avoir soif
La soif arrive déjà trop tard, donc je bois régulièrement, pas seulement quand j'ai le gosier sec. Un bon coup d'eau avant de partir, à chaque pause, et encore en arrivant. Sur une grosse journée de canicule, j'ajoute des électrolytes, parce qu'on ne perd pas que de l'eau mais aussi des sels minéraux. Le mieux reste une poche à eau dans un petit sac à dos : tu sirotes en roulant, sans même t'arrêter. Et tu évites l'alcool, tu manges plutôt léger. C'est l'un des trucs qui ne me quittent jamais, comme je le raconte dans ce que j'emporte en balade.
Garde ton équipement, mais choisis-le bien
Rouler en t-shirt par 35 degrés, on en a tous envie, mais une glissade sur du bitume brûlant ne pardonne pas. La solution n'est pas de te déshabiller, c'est de t'équiper autrement. Un blouson et un pantalon ventilés, en maille ou textile aéré, avec leurs protections, laissent passer l'air tout en te couvrant. Ajoute des gants d'été et des couleurs claires, qui chauffent moins, et tu restes protégé sans étouffer. Pour les normes, je renvoie à notre guide de l'équipement obligatoire et recommandé.
Il y a un truc que beaucoup ignorent : au-delà d'environ 37 degrés, soit la température du corps, l'air ne te rafraîchit plus, il te réchauffe et t'assèche encore plus vite. Ce qui marche dans ce cas, c'est l'évaporation. Un tour de cou que tu humidifies, un tee-shirt mouillé sous la veste aérée ou un gilet rafraîchissant te font gagner plusieurs degrés ressentis, bien mieux que de t'offrir au vent brûlant. Je remouille tout ça à chaque arrêt, c'est bête mais ça change la journée.
Repérere le coup de chaleur
C'est le truc à ne jamais prendre à la légère. Méfie-toi des vertiges, des nausées, d'un mal de tête qui s'installe ou d'une sensation de confusion. Et surtout, si tu remarques que tu ne transpires plus alors qu'il fait une chaleur de four, avec la peau sèche et rouge, c'est un signal d'alarme. Là, tu t'arrêtes tout de suite, tu te mets à l'ombre, tu enlèves l'équipement, tu te rafraîchis et tu bois. Si ça ne passe pas ou que les signes sont marqués, tu appelles les secours sans hésiter, le 15 ou le 112. Une pause d'une demi-heure vaut toujours mieux qu'un malaise lancé à 90.
Roule tôt, roule tard, ou prends de la hauteur
Le plus efficace, c'est encore d'éviter le pire de la chaleur. Je pars tôt le matin ou en fin d'après-midi, et je garde le milieu de journée, en gros midi à seize heures, pour une longue pause à l'ombre, le temps que ça redescende. Pense aussi ton itinéraire dans ce sens : des routes ombragées, des points d'eau et des stations bien répartis, et des pauses plus fréquentes que d'habitude. L'été, ma meilleure idée reste souvent de monter en altitude (les Vosges, les Alpes), où il fait plusieurs degrés de moins et où les routes sont un régal.
La moto et la route souffrent aussi
Ta machine n'aime pas plus la canicule que toi. Dans les bouchons, sans flux d'air, la température moteur grimpe vite, surtout sur un refroidissement par air, et tu prends toute cette chaleur dans les jambes. Surveille ta jauge, ne reste pas à mariner au ralenti dans les embouteillages, et coupe le moteur aux arrêts longs.
La route aussi change. Quand il fait très chaud, le bitume peut ressuer et devenir gras par endroits, l'adhérence baisse et les bandes de goudron deviennent savonneuses. Reste souple sur les gaz et le frein, surtout en virage. Et n'oublie pas tes pneus : la pression monte avec la chaleur, donc tu la règles toujours à froid et tu ne dégonfles jamais un pneu chaud, comme je l'explique dans notre guide sur la pression des pneus
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