Le Pitch : Objectif 400 Mph
Dans le monde des records de vitesse (le Land Speed Racing), les Anglais ont une histoire d'amour légendaire avec le sel. Le projet de la Castrol Rocket, c'est l'union sacrée entre l'ingénierie brute de Hinckley (Triumph) et les sorciers de la lubrification extrême (Castrol).
L'objectif fixé sur le papier ? Dépasser la barre mythique des 400 miles par heure, soit plus de 643 km/h. À cette vitesse-là, le moindre faux pas sur le sel ne pardonne pas, et l'architecture de la bécane doit relever du génie militaire.
L'anatomie d'un missile de 7 mètres
Pour fendre l'air sans s'envoler, les ingénieurs ont jeté aux orties la géométrie classique d'une moto.
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La coque : Une structure monocoque en carbone-kevlar qui enveloppe entièrement le pilote. L'engin mesure 7,8 mètres de long pour à peine 61 centimètres de large. Autant te dire que le poste de pilotage ressemble plus à un cockpit d'avion de chasse claustrophobique qu'à une position de conduite de cruiser.
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Le châssis : Pensé pour la stabilité à haute vitesse. Contrairement aux motos de route où on traque le moindre gramme inutile, la Castrol Rocket pèse près de 900 kg. Ce poids massif est un choix délibéré : il faut plaquer l'engin au sol pour éviter que le pneu arrière ne patine dans le vide sur le sel blanc de l'Utah.
Sous la carrosserie : La folie du double bloc turbocompressé
C'est là que le délire mécanique devient magique. Pour obtenir une puissance capable d'arracher le bitume, les concepteurs n'ont pas cherché un moteur de camion. Ils ont pris deux moteurs de Triumph Rocket III (les trois-cylindres en ligne d'origine).
1 La réduction de la cylindrée (Rester dans la catégorie légale)
Chaque bloc de 2,3 Litres a été modifié en réduisant la course des pistons pour descendre à précisément 1 485 cm³ par moteur. L'objectif ? Que la cylindrée cumulée des deux blocs fasse 2 970 cm³, soit juste en dessous des 3,0 Litres réglementaires imposés par la fédération pour cette catégorie de record.
2 Le gavage par Turbocompresseurs (Souffler le feu)
Ils ont greffé un énorme turbocompresseur Garrett sur chaque moteur. Avec une pression de suralimentation maximale, les deux moulins ont été convertis pour tourner exclusivement au méthanol pur. Le méthanol permet de gaver les cylindres tout en refroidissant la chambre de combustion interne pour éviter que tout ne fonde au bout de trois secondes.
3 Le couplage des vilebrequins (Fusionner les forces)
Les deux blocs moteurs sont montés l'un derrière l'autre. Leurs vilebrequins respectifs sont interconnectés par un système complexe d'engrenages de couplage taillés dans la masse, synchronisant les deux monstres pour n'envoyer qu'un seul et unique flux d'énergie destructeur vers la boîte de vitesses.
Le résultat sur le banc : Une puissance démentielle de 1 100 chevaux à 9 000 tr/min et un couple astronomique de 680 Nm.
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